Tunisie: “Les ingrédients d'une reprise en main autoritaire sont là” | Catherine Gouëset

La Tunisie s'enfonce dans la crise après l'échec des pourparlers entre islamistes au pouvoir et opposants pour désigner un nouveau Premier ministre, tandis que la violence djihadiste menace. Eléments d'analyse avec Michaël Béchir Ayari, analyste à l'International Crisis Group. 

Le blocage politique et la dégradation de la situation sécuritaires sont-ils liées en Tunisie?

Depuis deux ans, chaque crise sécuritaire se transforme en crise politique. Qu'il s'agisse de l'attaque contre l'ambassade des Etats-Unis en septembre 2012, des assassinats des opposants Chokri Belaïd en février et Mohamed Brahmi en juillet 2013 ou encore de diverses attaques djihadistes dont celles du mont Chaambi. La polarisation du pays s'accroît chaque jour un peu plus. Les sécularistes accusent Ennahda de faiblesse voire de complicité avec les salafistes, tandis que les partisans du principal parti au pouvoir accusent leurs adversaires de complot pour restaurer l'ancien régime. Le climat de tension alimenté par les radicaux des deux bords empêche la recherche d'une réponse globale à la question sécuritaire. Il est indispensable que cette problématique soit dépolitisée, qu'elle fasse l'objet d'une démarche consensuelle.

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Photo: Nasser Nouri/Flickr